31/03/2011

31/03/11 - 13:16

autre psaume

L'Éternel est mon berger: donc je suis un mouton
je ne manquerai de rien car
Il me fait reposer dans de verts pâturages,
Il me dirige près des eaux paisibles.
pour laver ma laine avant de la tondre
Il restaure mon âme, avec du foin
Il me conduit dans les sentiers de la justice - car il simulera une quelconque justice pour que je sois jugé, condamné, embroché, mechouyé,
A cause de son nom tatoué sur ma viande pour la traçabilité
Quand je marche dans la vallée de l'ombre de la mort, c'est à dire quand je vais à l'abattoir
Je ne crains aucun mal, car tu es avec moi : tu me pousse dans les bras du boucher
Ta houlette et ton bâton me rassurent, cela dit les coups de bâton que tu m'assènes pour me faire rentrer le soir dans la bergerie, j'apprécie moins
Tu dresses devant moi une table, avec plein de convives qui me regardent d'un air gourmand
En face de mes adversaires;
Tu oins d'huile ma tête, de l'huile d'olive bien sûr et de l'ail aussi et des herbes
Et ma coupe déborde? ou alors ma découpe?
Oui, le bonheur et la grâce m'accompagneront
Tous les jours de ma vie, que tu écourteras généreusement
Et j'habiterai dans la maison de l'Éternel
Jusqu'à la fin de mes jours.

Psaume 23 . Cantique du mouton

souffrons nous humains d'une forme généralisée de syndrome de Stockholm par rapport aux différents dieux que nous avons inventés?

02/12/2010

02/12/10 - 10:08

gays = minorité ethnique?

j'ai trouvé cette étude intéressante, c'est vrai on le savait un peu déjà.

j'ai adapté l'article de l'anglais donc je présente d'avance mes excuses pour les erreurs que j'ai pu commettre.

"Selon un rapport des chercheurs de l'Université de l'Illinois à Chicago, un tiers des jeunes lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres auraient tenté de se suicider dans leur vie - une prévalence comparable celle des jeunes des minorités ethniques en milieu urbain -, mais la majorité d’entre eux ne souffriraient pas de maladie mentale.

L'étude, publiée en ligne et dans le numéro de Décembre de l' American Journal of Public Health, est la première à signaler la fréquence des troubles mentaux chez les jeunes LGBT en utilisant les critères du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, quatrième édition (DSM-IV ). Les études antérieures qui étaient basées sur des enquêtes par questionnaire-type risqueraient, aux dires des auteurs, d’entrainer ne surestimation de la fréquence des troubles mentaux dans certains groupes.
Les chercheurs de l’ UIC ont recruté 246 jeunes LGBT de 16 à 20 ans de diverses origines ethniques à Chicago et ont mené des entrevues psychiatriques structurées afin d’évaluer la fréquence des cas de dépression majeure, de trouble de stress post-traumatique, des tentatives de suicide, et des troubles du comportement.
Bien qu'un tiers des participants répondent aux critères d'au moins un des troubles de santé mentale, environ 70 pour cent des jeunes LGBT ne répondent pas à aucun critère définissant une maladie mentale.
«L'une des constatations les plus importantes de notre travail est que la plupart de ces jeunes se débrouillent très bien et n’ont pas de problèmes de santé mentale», a déclaré le Dr Brian Mustanski, professeur adjoint de psychiatrie à l'UIC et auteur principal de l'étude.
Près de 10 pour cent des participants à l'étude répondaient aux critères de syndrome de stress post-traumatique (SSPT) et environ 15 pour cent répondaient aux critères de dépression majeure. Un tiers avait fait une tentative de suicide à un certain moment dans leur vie, et environ 6 pour cent avaient fait une tentative de suicide l'année précédant l’enquête
"La grande question est si ces jeunes sont plus susceptibles d'avoir des troubles mentaux par rapport à d'autres jeunes?", A déclaré Mustanski, un psychologue clinicien et directeur du programme IMPACT de l'UIC. "Et la réponse est que cela dépend vraiment de qui vous êtes et à qui on vous compare."
Les jeunes LGBT que l’enquête à évalués se sont avérés souffrir de plus de troubles mentaux que les jeunes dans les échantillons nationaux, mais la fréquence de leurs problèmes est semblable à celle d'autres échantillons de jeunes issus des minorités urbaines, raciales et ethniques.
Les chercheurs ont également examiné les différences entre les sous-groupes de jeunes LGBT afin de déterminer si les jeunes bisexuels ont tendance à avoir plus de problèmes de santé mentale que les jeunes gais et lesbiennes, ou si les jeunes des minorités ethniques ou raciales souffraient de plus de problèmes de santé mentale que les jeunes blancs.
Contrairement aux études antérieures qui suggéraient que les jeunes bisexuels sont plus susceptibles d'avoir des troubles mentaux que les autres groupes, Mustanski a trouvé tout le contraire. Les jeunes bisexuels avaient une prévalence plus faible des troubles mentaux par rapport aux autres dans l'étude.
L'étude a été financée par une subvention de la Fondation américaine pour la prévention du suicide. Co-auteurs sont le Dr Robert Garofalo du Children's Memorial Hospital et le Howard Brown Centre de santé et Erin Emerson de l'UIC.
IMPACT, un programme de l'Institut de recherche pour mineurs à l'UIC, mène des recherches pour identifier les problèmes de santé des LGTB, comprendre les facteurs qui exposent les personnes à risque ou les protéger, et élaborer des programmes qui favorisent la santé des personnes et les communautés LGBT. Pour plus d'informations, visiter unhttp://www.impactprogram.org]"

27/11/2010

27/11/10 - 10:22

de la prière

La prière peut avoir pour but d’influencer les actes du dieu en deux sens : le premier étant de prouver sa foi et de se conformer aux injonctions divines, cet aspect est commun à l’accomplissement de toutes les règles religieuses. Le second étant d’infléchir directement la volonté divine par la présentation au dieu d’une argumentation ou d’une supplique.
Cette facette présente une problématique quant à la morale de ses commettants.
Le monde est imparfait, la vie des êtres est semée de douleurs et se termine inévitablement par la mort. La vie du poulet en batterie, celle du condamné dans sa cellule et celle du plaisancier allongé sur la plage d’un club de vacances ne diffèrent que par l’intensité relative de la douleur à un moment donné. La croyance en dieu implique une causalité linéaire entre ce même dieu et l’état de l’existence. Causalité qui aurait pu induire une juste critique quant aux tristes modalités de la vie voire même une révolte ouverte contre la condition de mortel obligé pour survivre de tuer et d’exploiter les autres êtres vivants.
Aucune religion ne prône, à ma connaissance, cette révolte contre son dieu supposé. Bien au contraire, les religions visent à faire accepter aux croyants leur misérable existence.
Mais quand les croyants rendent grâce dans leurs prières à ce dieu qui est à l’origine (selon eux) de la vie telle que nous la connaissons, ils cautionnent cet état de fait et le justifient. Ils prennent le parti du plus fort. Ils se désolidarisent des autres êtres vivants et se rangent du côté de celui qui est à leurs yeux la cause de toute cette imperfection et de ces douleurs.
C’est le côté collaborationniste du croyant, qui s’exprime par les grâces qu’il rend à son créateur présumé, entre autres, en ignorant volontairement la compassion qu’il aurait pu ressentir pour autrui, si il s’était permis de l’éprouver. Il aurait du, si il avait donné libre cours à sa fraternité, prendre le parti des vivants et de leurs misères.
Bien sûr si le monde avait été différent, et que l’accomplissement des injonctions divines avait évité au croyant les vicissitudes de la vie, son attitude aurait eu le mérite d’être, soit immorale, mais du moins effective. Mais ce n’est pas le cas, les croyants souffrent et meurent comme les autres êtres vivants.
Quand la prière devient supplique cette immoralité devient flagrante. Pourquoi lui et pas les autres. Pourquoi ce croyant, par sa prière, recevrait il un traitement de faveur alors que d’autres ne peuvent le recevoir, parce que, par exemple, ils sont nés autre part, ne connaissent pas ce dieu là, ou n’ont pas la capacité de s’adresser à lui pour une raison ou pour une autre ?
Et je ne parle pas de cette mère qui prie que parmi les survivants d’une catastrophe quelconque qu’on y trouve son fils, et demande implicitement que ce soit une autre mère qu’elle qui pleure son fils disparu.

20/09/2010

20/09/10 - 18:52

la jetée

Quand j’ai quitté Marseille la première fois j’avais 15 ans, et bien sûr, enfin bien sûr si vous me connaissiez vous n’en douteriez pas, j’étais puceau, conscient de cette homosexualité que je ne savais accepter à l’époque (il m’aura fallu encore dix longues années avant que je m’y fasse et cela pas toujours avec un égal bonheur).
Il va sans dire que je ne connaissais rien à cet âge là ni des lieux de drague qui devaient bien exister même dans ces temps reculés où l’homosexualité était illégale et encore tout à fait tabou dans les familles bien pensantes.
Je suis revenu à Marseille il y a un an et quelques mois, en ayant qu’une idée bien vague de la vie gaie dans ma ville natale. Du reste je ne m’y suis pas trop intéressé d’abord parce qu’en venant j’étais encore en couple et l’éducation pudique que j’ai reçue dans mon enfance m’a laissé quelques traces dont une est la fidélité à mon conjoint et ensuite, après la rupture cruelle et inexpliquée que ce conjoint de six ans m'a infligée, au bout de six mois après notre arrivée, je n’en ressentais aucune envie.
Le mois se sont écoulés dans la chaleur dolente de cette belle ville qu’est devenue Marseille pendant mon absence et j’étais bien seul.
Pour me délivrer de cette solitude, mon grand frère, dont la femme partais avec sa fille certains dimanche matin vendre sur un marché aux puces à Martigues (ou à Fos je ne sais pas trop bien) une partie de vieilleries amoncelées au fil des années dans leur cave, mon grand frère donc qui étais seul ces matins là avais pris l’habitude de me proposer de faire une ballade dans Marseille en général du Vieux port au Pharo des fois aussi jusqu’à l’Escale Borely, le long de la corniche.
Mais parfois aussi nous marchions du Vieux Port, côté mairie, jusqu’à la jetée sous le fort Saint Jean et là, tous deux voileux sans bateau ni voiles nous admirions la sortie du port, les îles du Frioul et une partie de la rade de Marseille, après quoi on allait en général boire un verre sur le Vieux Port avant de se quitter, lui pour son déjeuner familial et moi pour la lecture du journal des inscrits.
Ces promenades sur la jetée sous le fort Saint Jean semaient en moi un certain trouble à la vue d’hommes seuls , qui arpentaient la jetée ou qui restaient de longues minutes assis sur les hideux banc de béton, souvent sans barre pour y appuyer le dos, que la mairie de Marseille avait, dans sa mansuétude, installés pour leur plaisir.
Des hommes seuls mais des pêcheurs et des familles aussi, qui déballaient parfois quelque chose à grignoter sur le béton stérile des bancs municipaux.
Ce dimanche j’ai voulu en avoir le cœur net et je suis descendu sur la jetée, sans but avoué, « pour voir ».
Un homme qui ne m’avait précédé sur la jetée que de quelques secondes a attiré mon regard. Je l’ai dépassé et ai admiré la mer, ce dont je ne me lasse jamais, non sans me retourner et lui lancer quelques regards, parfois obliques, mais il est resté là au début de la jetée à cent mètres de moi et puis je l’ai oublié, appréciant la chaleur de cette fin d’été, absorbé par la mer et un léger mistral qui me caressait doucement.
J’ai dû rester ainsi un bon quart d’heure, et puis j’ai décidé mollement de rentrer chez moi en passant sur le Vieux Port, pensant comprendre que le trouble que j’avais éprouvé lors de mes visites précédentes n’était que le fruit de mon imagination solitaire.
En sortant de la jetée j’ai revu cet homme, assis sur un banc près des escaliers du fort qui mènent au port, apparemment lui aussi dans le même état contemplatif, le regard perdu dans le clapot naissant.
Je n’ai pas pu m’empêcher de me retourner pour le voir une dernière fois
Et alors cet homme a crié quelque chose que je n’ai pas compris, et j’ai continué de marcher, et puis il m’a fait signe et je me suis arrêté, et il m’a rejoint.
De sa conversation je n’ai compris que des bribes, peut être à cause de son français ou seulement de son accent mais à la fin j’ai fini par entendre une question : « tu aimes les garçons » et ensuite une phrase dite rapidement, à moitié avalée : « je peux coucher avec toi si tu veux mais il va falloir payer, vingt euros, tu comprends, je suis hétéro marié et j’ai deux enfants » je lui ai souri, l’ai remercié et je lui ai dit qu’il était charmant, mais non je ne suis pas intéressé.
Dans le rapport pute –client, ce n’est pas forcément la pute qui est humiliée ; le client doit accepter qu’on ne le désire que pour l’argent, qu’il a ou n’a pas dans sa poche. En reconnaissant cet état de fait et en acceptant le marché, le « client » se dégrade un peu à ses propres yeux, il en devient laid, vieux et un peu immonde.
Cela dit je me demande un peu ce qui passe par la tête de mon grand frère, bon hétéro devant l’éternel, quand il m’amène sur cette jetée, mais bon……

29/08/2010

29/08/10 - 08:20

F story

Alors que ma relation avec N. avait été tumultueuse, riche en drames et en pleurs, profondément amoureuse et s’était terminée en décembre après quelques mois invivables que je n’ai que partiellement compris qu’après son départ soudain et inexpliqué, la relation que j’ai tenté d’établir avec F. a été pour moi une première. Je ne me souviens pas avoir eu avec un garçon un rapport aussi froid.
Certes dans mon passé je retrouve, quand juste après l’adolescence et encore imbibé de la religiosité dans laquelle j’avais grandi, des relations avec des filles qui n’éveillaient en moi qu’une vague émotion se tristesse et surtout de gâchis. Je n’aimais pas les femmes et bien que le sachant pertinemment déjà à cette époque j’essayais en vain de me fondre dans le moule bien pensant des jeunes religieux qui se marient à vingt et quelques années et qui se dépêchent d’avoir quelques enfants tous bien pensants et bien dociles qui perpétueront la chaîne à leur tour vingt et quelques années plus tard. Mais j’avais envers ces filles une amitié et un respect dû surtout au fait que je réalisais que leurs sentiments n’étaient pas de l’indifférence, et des remords surtout quand seule la pruderie des bigots avait permis de justifier mon aversion pour les situations trop intimes, alors qu’en réalité il n’en était rien.
Avec F. je n’ai ni remords, ni respect ni même amitié. Une froideur sans appel s’est rapidement installée entre nous, d’abord sans que je la reconnaisse, insidieusement, de rencontre en rencontre, de pingrerie en pingrerie de sa part, de remarques cassantes, de nuits passées dans un même lit, où nous avions renoncé à faire l’amour, lui en prétextant qu’il était fatigué, et moi trop heureux d’éviter la déconvenue d’une sexualité mal accordée. Cela dit sans évoquer le pire, les goûts cinématographiques de F. qui m’a forcé ces jours ci à aller voir Expendables, moi qui sans être une princesse éperdue de films musicaux n’apprécie pas vraiment les grosses baffes et les massacres répétés à la sauce Stallone.
Bon si le reste avait fonctionné je me serais peut être fait une raison et j’aurais regardé heureux TF1 et des films pour carrossiers (vu le nombre incalculable de voitures qu’on y abîme) le restant de mes jours.
Mais à côté de cette froideur un rêve commun nous a réunis, rêve de vie commune, de ménage, sorte de vie bourgeoise où nous pouvions envisager les prochaines vacances en Irlande ou la disposition du dressing dans l’appartement commun que nous allions louer (F. possède un nombre incalculable de vêtement et de chaussures) comme une fuite en avant qui devait nous cacher la stérilité de notre relation.
Il aura fallu toute la profondeur de la cicatrice que m’avait infligée le départ de N. pour que je m’investisse dans ce simulacre d’amitié, et je pense que pour F. il doit en être de même, lui qui à l’époque où N. me quittait avait surpris T. son compagnon en flagrant délit d’adultère qui avait généré une rupture précipitée après trois ans de vie commune.
Je lui ai pourtant dit à plusieurs reprises mon sentiment que tout ça ne menait à rien mais F. ne veut rien entendre sans pour autant montrer aucun signe d’émotion. Je vais donc devoir faire ce que je n’aime pas à savoir rompre d’une façon bien claire et définitive, la franchise n’ayant pas opéré les résultats que j’attendais.

05/04/2010

05/04/10 - 10:37


Quand le ciel implacable et muet
Que d’autres implorent en vain
Regarde sans broncher la fin de nos amours
Quand épuisé de larmes et terrassé de vide
Je reprends en silence le chemin si connu
Rocailleux et stérile
Des fausses libertés
Dépouillant un à un les restes d’espérance
Il reste au fond de moi
Comme une envie de vie
Douloureuse et cruelle
Quelle porte s’ouvrira
A peine entrebâillée mais déjà
Promettant de nouveaux feux follets
Et de nouvelles marches, des crevasses béantes et des monts escarpés

Pourquoi est ce si dur et si doux à la fois

05/02/2010

05/02/10 - 08:46

image



J’étais allé voir une exposition d’art contemporain, ce qui d’ailleurs n’est pas très étonnant de ma part e les arts plastiques plus anciens ne m’émeuvent que très rarement. Je venais de subir une rupture après trois ans de vie commune, oui je sais le thème des ruptures est trop fréquent chez moi, mais qu’y puis je, elles me marquent au fer rouge, sans masquer toutes fois le bonheur partagé de la vie de couple. Ma sensibilité était quelque peu exacerbée peut être ou alors était ce parce que l’exposition avait commencé par des dessins extrêmement violent de par leurs structures que j’en avais été épuisé, je n’en sais rien vraiment et apparemment c’est la conjugaison des deux qui m’a amené devant ce tableau qui est tout petit et qui m’a laissé stupéfait.
Au début je n’ai rien pensé. Je l’ai laissé me pénétrer lentement, subjugué, incrédule devant la puissance de deux citrons et d’un verre d’eau, petit tableau de figuratif contemporain, de taille modeste, sans aucune agression, complètement passif.
Il m’a tenu pendant longtemps, sans pouvoir dire si c’était vingt minutes ou une demi-heure. C’est rare pour moi de rester dans une expo tant de temps devant une seule œuvre.
Au début j’ai pensé que si j’en avais eu les moyens j’aurais accroché ce tableau dans la maison que je n’ai pas, dans une pièce dédiée à ce seul usage, les murs et le plafond peints en blanc, j’aurais mis un tabouret à distance et je serais venu me recueillir là, comme dans une chapelle, seul, parfois meurtri, parfois éclatant de bonheur pour me ressourcer.
Et puis j’ai réfléchi à ce qui dans ce tableau m’impressionnait tellement. Ayant vécu avec un garçon qui « faisait les beaux arts » j’ai appris à broder sur les choses que je vois, donc je pourrai dire que pour moi ce tableau évoque la féminité les deux citrons comme deux seins et la fiole telle un pot au lait, ou encore les deux citron comme deux cuisses ouvertes et appelantes et l’eau entre les deux, eau source primordiale de la vie, ou encore…
Mais qu’importent les critiques, les excuses, les explications, ou ce que l’artiste a voulu dire ou exprimer. Je crois que dans toute œuvre il y a un message subconscient de l’auteur que notre subconscient enregistre et interprète à sa façon, souvent se message est si léger qu’il n’arrive pas à nous atteindre, parfois par l’effet du hasard nous sommes en résonnance réceptive qui nous permet de nous accorder à lui. C est ce qui m’était arrivé ce jour là et qui s’est gravé en moi.
C est pour ça que j’ai toujours cette image quelque part dans mon ordinateur, pas en fond d’écran elle perdrait toute sa force, mais juste dans un fichier pour la voir de temps à autre, puisque je n’ai pas une grande maison pour y choisir une petite pièce blanche pour l’accrocher sans parler de l’acheter.


04/02/2010

04/02/10 - 17:32

vers la fin de l'hiver




Quand s’oublie la moiteur d’un corps étendu pour la nuit près de moi, quand la froideur des draps odorants et propres mais sans intimité me laisse la liberté de dormir en diagonale toute une nuit, libre et seul ; je languis le retour d’un autre, mystérieux, dont les rêves derrières ses yeux clos me seront comme autant de mondes passionnants, interdits de visite.
La nostalgie d’une présence est le prélude d’une attente renouvelée , attente du corps et de l’esprit, comme un cahier vierge à qui on promet sa première phrase.

24/01/2010

24/01/10 - 20:17

Ah ces familles



Cette semaine j’ai eu l’occasion de ressaisir mon appréciation envers les bribes de famille que j’ai ici et qui se conduisent chacune à sa façon.
En premier j’ai reçu un coup de fil d’un cousin germain duquel je me suis toujours senti assez proche mais qui m’avait boudé depuis mon retour à Marseille. Enfin boudé et un terme bien léger pour décrire la froideur de sa conduite envers mon ex et moi.
Et puis voilà, alors que je ne m’y attendais pas le moins du monde il m’a téléphoné et dit presqu’en ces termes : « ah tu sais maintenant que ton copain Arabe t’as quitté on pourra se voir » je suis resté un moment sans voix.
J’ai été très choqué par le départ de mon ex et je fais qu’entamer ma reconstruction au bout d’un mois de séparation après six ans de vie commune, mais ça, je veux dire le racisme, c est quelque chose d’impardonnable, que ça vienne d’un parfait étranger ou d’un proche.
Je lui ai répondu, doucement pour ne pas m’emporter, que je n’avais ni le temps ni l’envie de rencontrer qui que ce soit. Certes je ne suis pas fier de cette réponse parce qu’elle était conciliante et peureuse mais ce cousin m’a accordé sur le champ une cession de repêchage en arguant que je voyais bien mon grand frère et ses enfants.
Ah, lui ai-je répondu, mais eux ce n’est pas pareil, ils ne sont ni racistes ni haineux.
J’ai peut être perdu un cousin, mais je suis resté moi, ce qu’au long de notre vie de gays nous n’avons pas toujours le courage de faire.

01/01/2010

01/01/10 - 21:03

réveillon

J’ai tendance à être facile en société.
Mais quand même pour un réveillon familial, mieux vaut boire un peu pour garantir mon amabilité et effacer les quelques aspérités qu’une soirée purement hétéro risquerait de dévoiler.

30/12/2009

30/12/09 - 14:51

voisinage

Je suis allé étendre du linge sur le fil d’étendage de ma cuisine, à deux heures de l’après midi, ce qui n’a rien de choquant en soi.
Ors le voisin d’en face, enfin pas vraiment le voisin d’en face, celui du bout de la rue, était debout devant sa fenêtre.
Jusque là je reconnais il n’y a rien à déclarer, sauf qu’il était en slip devant sa fenêtre, et qu’il se caressait les couilles, devant la fenêtre.
Je ne sais pas pourquoi mais il a attiré mon regard. Et je l’ai vu et je pense qu’il vu que je l’avais vu.
Alors il a fermé sa fenêtre. Et il est reparti vers l’intérieur de son appartement.
Pas que je sois voyeur. Mais je ne suis pas scandalisé pas sa conduite, en fait je pense que cette conduite devrait se généraliser pour des raisons hautement morales ou bassement instinctives.
La bête dort derrière la cravate

28/12/2009

28/12/09 - 12:26

la rupture

Il a eu un sanglot, puis il a dit, sans me regarder directement dans les yeux qu’il me quittait, et si je voulais il partirait sur le champ. Dehors le Mistral glaçait la ville et je n’ai pas trouvé la force de lui dire de s’en aller. On a dormi cette dernière nuit ensemble comme deux étrangers dans le même lit.
Le matin on est allé annuler le Pacs que nous avions signé un mois avant jour pour jour, lui derrière moi tirant la valise que je pensais lui avoir donné pour qu’il puisse emporter ses effets ; et moi devant en larmes. Et puis on s’est quittés. Je lui ai dit adieu et lui il n’a rien dit.
Le soir même il a sonné chez moi et m’a rendu la valise que je pensais lui avoir donné, comme si il ne m’avait jamais rien pris, comme pour dire qu’il ne me devait rien.
Les jours ont passé en pleurs et en douleur.
Quelques jours plus tard, il a sonné de nouveau chez moi, le visage défait et m’a demandé de monter chez moi prétextant vouloir prendre des papiers qu’il y aurait laissés.
Six ans de vie commune ne se défont pas en quelques jours.
J’ai été très agressif et certainement désagréable et lui ai demandé de partir tout de suite. Ce qu’il a fait. Mais il avait l’air triste.
Et ça m’a chaviré. Je me suis dit que peut être il était parti sur un coup de tête, peut être il ne savait pas ce qu’il voulait vraiment.
Et puis je me suis repris. Il est parti au bout de six ans. Sans me donner de raison rationnelle. Alors qu’il avait effacé toutes traces de ses conversations et de ses chats ces derniers mois. Alors que pour lui j’ai changé de ville, de pays et de vie. Pour lui éviter les risques qu’il encourait là on nous étions. Alors que pour lui je me suis battu sans cesse pendant tout ce temps. Alors qu’il avait eu sa première somme conséquente en poche ; comme si il n’attendait que ça pendant toutes ces années pour fuir notre relation, notre couple.
Je ne lui en veux pas ; je l’aime encore bien sûr, mais je comprends qu’on ne puisse pas revenir en arrière.
Alors je me suis remis au sport, mon refuge habituel. Je sue sur les appareils cardio comme si le salut de mon âme en dépendait. Et en fait il en dépend un peu. Le cours, je rame, je pédale pour me nettoyer la tête, et comme d’habitude ça réussit.